AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 L'avenir est une vague promesse [PV Lørkath / Aedoth Thunderwall][Temple du Dragon]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Aedoth Thunderwall

avatar

Messages : 499
Date d'inscription : 12/05/2015
Age : 21

Sur le Clan
Faction : Alliance Du Sacré Alliance Du Sacré

MessageSujet: L'avenir est une vague promesse [PV Lørkath / Aedoth Thunderwall][Temple du Dragon]   Lun 25 Sep - 21:52



L'avenir est une vague promesse


Des gouttes d’une couleur pourpre se mêlèrent à la pluie, s’éclatant contre le sol herbeux bien trop abreuvé des larmes du ciel. Non loin se trouvait le Second qui esquiva ces gouttes à la couleur étrange. Il se remit immédiatement en position de défense, ne perdant pas du regard le sujet de ces hostilités.

Devant Aedoth se trouvait une étrange grenouille, bien plus grande que la normale (environ 80 centimètres sur ses quatre pattes), pleines de pustules, avec des yeux étranges, presque exorbités. Sa fine peau était de couleur verte, et deux langues sortaient de sa gueule béante, sans dents. Le Second supposait que ces deux langues avaient un objectif bien précis : sûrement que l’une d’entre elles devait sécréter le poison que la créature avait essayé de lancer sur le Thunderwall. Mais ce n’était guère le moment d’examiner la morphologie d’une créature qui essayait de tuer. La nature était bien étrange ici : la faune semblait plus fantaisistes avec ces arbres aux textures étranges, cette herbe proche d’un ton bleu, ces champignons poussant aux pieds des arbres, plus grands que la normale…

Un nouveau crachat de la part de l’amphibien fit à nouveau réagir Aedoth qui entama une course pour s’en écarter. La tuer ne servait à rien ; elle ne faisait que se défendre, somme toute, et puis elle ne représentait pas une menace suffisante pour en justifier la suppression. Les crachats avaient peu de portée, et le Second était rapide. En principe, ces animaux-là n’attaquaient pas des proies plus grandes qu’elles, mais sûrement la magie étrange qui pouvait opérer dans ce lieu modifiait le comportement des êtres vivants alentours.

Les environs du Temple du Dragon étaient reconnus pour cela : outre l’édifice en lui-même, réputé pour avoir tenu lieu d’abris aux Gardiens et à de multiples dragons en quête d’un refuge,  il était entouré d’une vaste forêt à la flore et la faune atypique, sûrement troublé par la puissante magie environnant le temple. N’importe quel dragon pouvait sentir la magie qui affluait dans l’air. C’en était presque enivrant. Plusieurs fois le Second eut envie de s’arrêter un instant, suspendre le temps et sentir cette énergie immatérielle, immortelle, quintessence de la force d’un dragon.

Après une course à travers les arbres, il rencontra la première pierre d’un vestige immense. Devant lui se trouvait une partie des murs du temple. On racontait que cette paroi était si épaisse qu’il était impossible de la traverser, d’autant plus que plusieurs charmes avaient été posés dessus. Il longea le rempart de pierre en quête d’une entrée, et il trouva enfin une de ces étranges portes : une pierre taillée en forme de cercle, sertie dans un cadre lui-même circulaire muni de plusieurs pierres possédant des cristaux de couleur jaune brillant sous la pénombre du ciel pluvieux. Au-dessus de la porte, il y avait de riches arabesques dorées, formant des courbes très lisses et douces au regard. L’entrée était richement décorée, et les lianes, le lichent et les racines disposées par-dessus rendaient au tout un effet mystique, presque perdu.

Il eut un peu de mal avant de trouver les piédestaux sur lesquels il dut placer de lourdes pierres, enclenchant des plaques de pression. Trois fois il répéta l’opération, ce qui eut pour effet d’activer la porte, qui coulissa. Une fois à l’intérieur, il n’eut qu’à appuyer sur un bouton, et la porte se referma d’elle-même.

Il se retourna, et contempla.

On aurait dit que l’on n’était pas encore dans le Temple : en effet, la nature était encore maîtresse des lieux. Pourtant, il y avait bien un plafond de pierre avec quelques dorures, légèrement masquée par des lianes. Plus loin se trouvait une seconde porte. Il avança jusqu’à se trouver devant elle. Aedoth fit le vide dans sa tête et retrouva dans son esprit ce que Volteer lui avait dit : en effet, pour ouvrir cette porte, il fallait prononcer quelques mots, seul moyen de pouvoir entrer dans le temple. Son maître lui avait appris ces mots durant son entraînement. En tant que successeur au Gardien de la Foudre, Volteer avait souhaité lui apprendre comment fonctionnait le Temple. Sûrement ne s’attendait-il pas à ce que le Second souhaite s’en servir si vite : après tout, le Temple était situé assez loin de Warfang, et la menace du Damné s’était rapprochée en prenant les Cieux Concordants. Il y avait des risques que des soldats ennemis vagabondent dans les environs, mais le Second se devait de prendre ce risque pour ce dont il avait besoin, d’autant plus qu’ils avaient d’abord le Temple des Ténèbres à visiter, plus au sud d’ici.

— Le passé est un prélude, entonna-t-il, et l’avenir, une vague promesse. Permets-nous d’entrer. Ne nous rejette pas.

Des craquements survinrent alors, et la porte coulissa lentement, pour enfin dévoiler l’intérieur du temple dans laquelle le Second s’invita.

Ici, nulle trace de végétation : tout n’était que pierre enduite d’une peinture ocre, avec des teintes souhaitant imiter l’or. Il y avait encore ces arabesques caractéristiques, qui ondulaient au-dessus des portes, sur la partie supérieure des murs. De grandes tapisseries recouvraient aussi certains pans, de plusieurs couleurs, avec des signes représentant plusieurs éléments primaires de la magie. C’était une sublime preuve de puissance des Gardiens. Et aujourd’hui, ce lieu était délaissé, car trop loin de Warfang. Quelle triste sort pour un tel édifice, toujours si bien gardé, qui sait survivre aux années, à la terrible épreuve du temps.

Aedoth retira sa cape et la pendit à un petit crochet qu’il trouva non loin : la journée était dénuée de soleil, et ne montrait que des nuages gris pleurant sur la terre. Le vêtement du Second était trempé, et l’eau coulait de ses écailles. Heureusement, il avait passé sa sacoche au niveau de son ventre pour que son contenu ne se mouille pas. Il n’avait pas grand-chose : un peu de pain, des fruits, et trois kunais. Il espérait remplir davantage cette besace avec quelques documents : ce temple possédait un savoir qu’il fallait, non seulement à long terme pour la ville, mais aussi à court terme, pour peut-être trouver de nouvelles armes contre le Damné. Cet objectif en tête, il progressa dans le Temple.




Que ma foudre éclaire les ténèbres !
Personnage complet:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lørkâth

avatar

Messages : 19
Date d'inscription : 13/07/2015

Sur le Clan
Faction : Empire Noir Empire Noir

MessageSujet: Re: L'avenir est une vague promesse [PV Lørkath / Aedoth Thunderwall][Temple du Dragon]   Mer 27 Sep - 17:41

L’atmosphère de cet étrange endroit était unique, assez spéciale pour ne pas laisser indifférent Lørkâth. Cela revenait à faire réagir un mort, d’où l’exploit. Ce n’était pas plus la démesure de cette forêt dense ou la singularité de ces monumentaux champignons qui effleurait son esprit, non, il s’agissait bien plus de cet aura que dégageait les résidents de ces lieux. Elle était indescriptible, innommable, mais bien perceptible. L’eau ruisselait paisiblement et inlassablement sur les surfaces végétales et minérales, créant de fin filet d’argent scintillant faiblement à la lumière du jour. Le ciel était couvert, suffisamment pour que Lørkâth n’ait pas à en subir les effets néfastes. Sa condition d’invocation de l’ombre le réduisait à éviter toute sorte de source un peu trop brillante, comme lorsque l’on chassait et atterrait les cauchemars la nuit dans leur coin sombre.

Que faisait le Général de circonstance de l’Empereur des Ténèbres dans cette épaisse forêt ? Lørkâth ne le savait pas lui-même. Il errait comme toutes les ombres, sans but particulier, sans véritable volonté. Il avançait, agar, la gueule pendante, sans jamais cesser d’avancer. Il tournait en rond, encore et encore, dans ces bois qu’il avait déjà traversé 10 fois. Des semaines étaient passés depuis la prise des Cieux Concordant et il errait désormais seul dans les vastes environs. Ils ne les comptaient plus, le temps ne représentait plus rien pour lui. Le déchet s’en était allé pourrir aux pattes de son ignoble chef avec le reste de la garde, s’il n’avait pas péri en route entre-temps, faute de pouvoir marcher. Lui, Lørkâth, ne se préoccupait guère d’emprunter le chemin le plus long pour rentrer au château. Il ne faisait que suivre les ordres du Maître, son Maître. Il avançait, agar, la gueule pendante, sans jamais cesser d’avancer et il tournait en rond, encore et encore, dans ces bois qu’il avait déjà traversé 10 fois.

Il le remarquait, et il n’en pensait rien. Il ne le pouvait plus, il n’en avait plus l’envie. Vivant, il aurait aimé cet endroit à mourir. Mort, il n’était qu’un objet parmi les objets, une pierre parmi les pierres. Il déambulait dans les bois et se concentrait sur les dernières choses qui lui procuraient une illusion de plaisir. Quand bien même il était insensible, il en était persuadé, il sentait le vent siffler entre ses côtes et l’eau ruisseler le long de son crâne. Il en aurait été heureux de pouvoir ressentir le froid et la boue, il pourrait enfin les distingués du sang de ses victimes qui le maculait de plus en plus souvent.

Il cessa sa marche pour la première fois.

Là, devant cet édifice rongé par la végétation, il s’arrêta net. A mainte reprise il avait emprunté ce chemin. A mainte reprise il avait vu ce temple doré laissé aux aléas du temps. A mainte reprise il était passé devant les lourdes portes en pierre. Et à mainte reprise, il avait vu inlassablement le même tableau. Jusqu’à aujourd’hui.

Une pierre avait été trainé sur plusieurs mètres jusqu’à un piédestal. Sans crainte mais sur ses gardes, il inspectait les environs et il entreprit de mener l’enquête silencieusement. Il se concentra sur les âmes présentes dans les alentours, mais elles étaient difficilement perceptibles à cause de l’aura que dégageait la forêt. Son champ était brouillé et il lui devenait difficile de distinguer qui était qui, à l’exception de la forte énergie noir de son maître Nightmare dont il n’en perdait jamais la trace. Pourtant, parmi la multitude de signatures qu’il percevait, une seule attira son attention. Tandis que la forêt abritait des centaines d’âmes de taille diverse, une seule et unique âme provenait du temple. Il ne l’avait pas remarqué avant et serait certainement passé sans même y prêter attention si cette pierre n’avait pas été déplacé. La créature était douée d’intelligence pour enclencher un mécanisme et suffisamment forte pour pousser un rocher. Lørkâth conclut hâtivement que le Temple du Dragon en abritait peut-être un. Le général se posa calmement en hauteur à proximité de la porte de manière à avoir un bon champ de vision, puis il se concentra sur cette âme perdue dans les vieilles pierres du temple.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aedoth Thunderwall

avatar

Messages : 499
Date d'inscription : 12/05/2015
Age : 21

Sur le Clan
Faction : Alliance Du Sacré Alliance Du Sacré

MessageSujet: Re: L'avenir est une vague promesse [PV Lørkath / Aedoth Thunderwall][Temple du Dragon]   Jeu 28 Sep - 22:15



L'avenir est une vague promesse


Aedoth remarquait avec sa progression que les accès au Temple étaient plus nombreux qu’il ne le pensait. Une fois à l’intérieur, les portes pouvaient s’ouvrir par de complexes mécanismes, semblables à ceux que le Second employait dans sa demeure : il y avait des torches qu’il fallait embraser pour pouvoir progresser. Le Thunderwall s’employa à essayer d’ouvrir cette porte, mais une flamme naturelle ne pouvait fonctionner. Seules les flammes naissantes de la magie des dragons pouvaient déverrouiller ces portes.

Aedoth devina qu’il s’agissait des dortoirs d’Ignitus, ou bien une salle qui n’était réservée qu’à lui. En songeant à cela, le Second se demanda si, comme pour sa demeure, il n’y avait que le feu du Gardien qui était capable d’ouvrir la porte, ou si n’importe quel dragon capable de cracher des flammes en était capable ? Il rebroussa chemin, cette idée le hantant presque, le guidant naturellement vers une porte aux glyphes jaunes, dessinés dans la couleur de l’or. Des éclairs y figuraient, et de petits tuyaux sortaient du sol sur l’un des côtés de l’entrée.

Aedoth s’inclina légèrement.

— Pardonnez mon intrusion. Je ne suis pas votre ennemi, mais bien un ami venu découvrir un lieu délaissé. Mon souhait n’est pas de piller, mais de trouver les réponses à mes questions. Je respecte votre terre, votre pierre.

Beaucoup de légendes racontaient que le Temple vivait grâce à la magie des Gardiens. Il était capable de se défendre, de se protéger. Bien entendu, de telles légendes ont été amplifiées : de la magie régnait, mais elle ne permettait pas à une structure de vivre. Un objet inanimé par nature ne pouvait en faire vivre un autre… Aedoth était un esprit cartésien et ne croyait pas en ces histoires. Toutefois, il tenait ce lieu en haut respect, car il s’agissait d’un trésor d’une civilisation draconique qui avait évolué, changé, qui s’était déplacée. Ce temple avait vu des naissances, des vies et des morts parcourir ses murs. L’histoire se figeant dans ces derniers.  Alors oui, le temple vivait : il vivait de mille histoires, de mille tragédies, de mille passés. Il méritait l’admiration et le respect du dragon de foudre, qui jamais n’avait eu l’occasion d’approcher si près du temple. L’idée de fouler la pierre de ses ainés le fit frissonner. La sensation était telle que même une idée ne pouvait la décrire. Elle dépassait de loin le Second.

Ce dernier cracha un peu d’électricité qui entra dans les tuyaux de cuivre. Après quelques secondes qui firent douter Aedoth, la porte accepta de s’ouvrir et laissa entrer le jeune dragon qui s’y invita, interdit.

Il ne découvrit pas grand-chose à l’intérieur des quartiers du Gardien de la foudre, si ce n’était quelques étagères presque vides disposées en arc-de-cercle, épousant la forme de mâchoire de la petite caverne. Les bibliothèques étaient les dents, et le tapis rouge qui recouvrait la pierre en était la langue. Il y avait bien quelques livres plutôt intéressant sur le continent, il y a quelques décennies de cela, mais ceux-ci avaient déjà été imprimés et répertoriés dans la glorieuse bibliothèque de Warfang. Ce n’était pas dans les effets personnels délaissés de son maître qu’il trouverait ce qu’il était venu chercher.

Il en devenait frustré. Il tournait en rond, essayant d’ouvrir les portes des autres Gardiens, mais il ne le pouvait : il ne possédait aucun des trois autres éléments. On bouchait les entrées, on lui barrait la route. Il soupira, et tenta d’autres pièces. A vrai dire, il y avait bien une petite section du temple qu’il n’avait pas fouillée, et pour cause…

Il passa la grande pièce circulaire dans laquelle, au milieu, se trouvait l’immense statue de Malefor, dragon chéri et adulé jadis, hais et méprisé maintenant. Le dragon en qui les Gardiens avaient placé tous leurs espoirs. Le dragon qu’ils pensaient être de la prophétie, qui conduirait  la noble race des dragons à une ère plus glorieuse. Et pourtant… Personne n’aurait pu imaginer ce qu’il adviendrait lorsque le dragon apprendrait à utiliser tant de pouvoir. C’était cette soif jamais insatiable qui l’avait conduit à devenir ce qu’il fut. Heureusement, tout ceci était terminé. Du moins le pensait-on. Ses sbires rôdaient toujours sur le continent, persuadés qu’ils pourraient le faire revenir, sans doute.

La présence, même en pierre, de Malefor le décontenançait. Il avait l’impression que ces yeux vides, sans iris, l’observaient, sondaient la pièce. Son corps fut parcouru de frisson et il contourna la sculpture en prenant ses distances, ne s’attardant guère à examiner chaque détail de cette belle sculpture d’un triste individu.

Il se trouva rapidement dans l’autre pièce, dont la démarcation avec la salle précédente ne se faisait que par une arche. Ici, on y trouvait une pièce circulaire, avec quelques motifs représentant les différents éléments des Gardiens, et au centre, un bassin de marbre posé sur un petit hourd de quelques centimètres de hauteur. Le récipient était presque à même le sol.

Le Bassin des Visions se trouvait devant lui.

Aedoth le contempla, tourna autour avec une lenteur mesurée, pour en apprécier tous les aspects. Le bassin était simple de facture, et pourtant il renfermait des pouvoirs si puissants. En effet, certains dragons étaient dotés de la capacité d’avoir des visions, de percevoir des échos du passé, les murmures du présent, parfois à des kilomètres d’ici. Ce bassin ne pouvait être vidé : l’eau y revenait sans cesse. Le dragon de foudre se pencha un peu au-dessus, et pu y voir son reflet. Mais pas seulement. Un mal de crâne soudain l’envahit, le faisant reculer. Il se tint la tête, tandis que quelques paroles traversaient sa tête, sous des formes d’échos.

« Dans ce bassin… Les visions apparaissent. »

Son cœur battait la chamade. Il Se redressa et regarda le bassin. Rien ne semblait s’être produit, et pourtant, il avait entendu une voix. Une sonorité qu’il ne pouvait ignorer : Ignitus venait de s’exprimer… Les yeux d’Aedoth se mirent à briller. Il se rapprocha de nouveau, d’un pas hésitant, et regarda derechef son reflet. Une larme tomba et perturba la surface paisible de l’eau. Le mal de tête revint, en moins puissant : cela lui permit de continuer à observer. Il ne vit rien, mais la voix d’Ignitus continuait de tenir des propos qui lui semblaient aléatoire : cela ne lui était pas adressé.

« Et souviens-toi. Si tu rencontres Cynder, alors fuis. Tu n’es pas encore prêt à l’affronter […] Ferme tes yeux, respire profondément, et fais le vide en ton esprit. »

Il s’exécuta. Et le néant remplaça tout. Il rouvrit les yeux, craignant d’avoir fait quelque chose de mal. Il regarda de nouveau dans le bassin, en remua légèrement la surface en l’effleurant d’une de ses griffes, mais il n’y avait plus rien. Il déglutit péniblement et essaya d’ignorer la boule qui s’était formée dans sa gorge. Il sécha ses larmes et quitta la pièce.

Il se trouvait maintenant sur la grande terrasse du temple : ce dernier avait été construit au bord d’un précipice qui marquait aussi la fin de cette étrange forêt dans laquelle l’édifice avait été bâti. Ici, le vent affluait, soufflait, et permit de donner un second souffle à Aedoth. Cela lui fit le plus grand bien, mais il était inutile de rester ici. Il passa tout de même quelques minutes à examiner d’abord la pierre, puis le paysage qui s’offrait à lui ; de vastes étendues de forêt, et non loin de l’horizon, la mer : s’il tournait suffisamment la tête, il voyait alors de grandes montagnes aux pointes serties de dimant blanc et froid : la neige. Tout ceci était fort majestueux, et montrait à quel point la nature dédiait son art créateur à la vérité et la beauté.  Hélas, les temps ne lui permettaient pas de s’appesantir trop longtemps dessus.

En faisant demi-tour, il trouva dans la salle du bassin des étagères placées en hauteur. Sans lever un peu la tête, il était impossible de les voir. Aedoth avait été bien trop préoccupé par le bassin lui-même pour daigner lever le museau. Des livres se trouvaient sur ces étagères, mais ces dernières n’était pas atteignables en se mettant sur deux pattes : il ne faisait pas la taille d’un Gardien. Il dut jouer un peu des ailes pour renverser les parchemins et livres par terre, car la salle ne permettait pas de voler très librement : ses ailes frottèrent trop les parois et il tomba maladroitement sur ses pattes, à deux griffes de tomber la gueule la première. Il éternua à cause la poussière soulevée et s’essuya avec ses ailes pour dégager un peu de ces résidus. Il espérait que tant d’efforts en valaient la peine, tout en récupérant les documents. Il alla jusqu’aux quartiers de Volteer et découvrit tout ceci sur un établi.

Au départ, il ne fut que modérément intéressé, comme à son habitude : il s’agissait d’un livre qui parlait de l’élément des dragons violets : l’Aether. L’auteur déclinait cet élément en deux catégories, listant un Aether lumineux, et un Aether sombre. Il allait refermer la page, prévoyant de lire et donner ce livre qu’il ne connaissait pas à la bibliothèque après l’avoir fait copié, lorsqu’un mot le stoppa dans son geste.

"Eléments sombres."

Il continua de lire : les éléments sombres pourraient être liés à l’Aether sombre. Il s’agirait en vérité d’un élément corrompu car côtoyant beaucoup trop un être doté d’une part de cet Aether sombre. Cette hypothèse ne pouvait qu’être vraie. Blackswan lui avait transmis cet élément corrompu, car le Général avait vécu aux côtés du Maître Noir.

Il n’y avait qu’un seul lieu où l’on pouvait trouver cet élément, autre que sur les dragons violets qui semblaient être les seuls à pouvoir maîtriser une telle énergie : la convexité.  Il s’agissait d’un lieu très éloigné de notre réalité, qui n’était accessible que par un portail réunissant les quatre éléments des Gardiens sous formes de gemmes élémentaires. Un schéma détaillé de la manière dont devait être construit le portail était dessiné sur le folio opposé. Aedoth fut frappé de voir que la construction ressemblait à ce qu’il y avait au sommet de la tour des Cieux Concordants. C’était donc là-bas, et de cette manière que Cynder avait réussi à faire revenir Malefor…

La convexité n’était pas qu’une prison : elle était la manifestation de l’essence des dragons violets. Il était presque impossible de s’y rendre, et la seule personne qui avait réussi à s’y rendre était Cynder, en plus des dragons violets.

Cynder… Il devait la retrouver.

Une lueur éclaira les yeux du Second. Il ferma le livre et le mit dans sa sacoche. Il n’avait plus rien à faire ici. Il regagna les portes principales après avoir récupéré sa cape bleue avec les armoiries de sa famille brodée en fils dorés, jetant un dernier regard vers l’intérieur du temple. Il soupira et fit une révérence, comme s’il souhaitait remercier le temple de l’avoir recueilli.

En pressant le bouton, il rouvrit les deux portes et se retrouva à l’extérieur. L’air y était encore plus frais que sur la terrasse, et l’obscurité y était plus tenace : la nuit était tombée depuis un petit moment, et la pluie avait cessée. Des bruits de criquets retentissaient, et pourtant, le Second ne se sentait pas à son aise. Il sondait les ténèbres, et s’apprêtait à avancer… Mais avant, il commença à déplacer les statues, les enlevant des piédestaux, utilisant toute sa force car ces pierres étaient très lourdes pour lui qui était d’un plus petit gabarit que les Gardiens. Une fois satisfait du placement chaotique des statues, il fit volte-face, et sonda encore les ténèbres, se disant qu’il devait avancer à présent.





Que ma foudre éclaire les ténèbres !
Personnage complet:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lørkâth

avatar

Messages : 19
Date d'inscription : 13/07/2015

Sur le Clan
Faction : Empire Noir Empire Noir

MessageSujet: Re: L'avenir est une vague promesse [PV Lørkath / Aedoth Thunderwall][Temple du Dragon]   Dim 1 Oct - 19:59

Les heures étaient passées et la lumière s’en était allé. L’obscurité avaient avalé le temple, tout comme la forêt que l’entourait. Lørkâth s’était fondu dans la masse minérale et végétale et il était resté purement immobile, figé dans l’espace et le temps. Sa silhouette était difficilement perceptible dans ce décors monochrome et sombre. Telle une gargouille sur son mât de cathédrale, c’est en statue de pierre qu’il surveillait les moindres faits et gestes de cette âme si particulière en ce lieu si particulier. Tous ses doutes furent levés à l’instant où les grandes battantes dévoilèrent la créature qui les avaient passé nombres d’heure auparavant. Tout ce temps, il l’avait soupçonné. Même difficilement discernable, cette énergie ne lui était pas inconnue. A mesure que l’être se rapprochait de Lørkâth, il avait la sensation de l’avoir déjà croisé. Oui, c’était bien lui, le dragon de foudre qui avait combattu au Cieux Concordants, maîtrisant l’un des éléments les plus puissants de la Nature : L’électricité, la lumière. Et il était là, devant lui, à quelques dizaines de mètres de lui, légèrement en contrebas.

Lørkâth fut intrigué de trouver un soldat de Warfang, seul, dans les environs quelques semaines seulement après la bataille. Outre ce fait, il s’intéressait à une caractéristique particulière de ce mystérieux personnage. Une part de cet être de lumière était empli d’une énergie négative, d’une force maléfique qu’il peinait à contrôler. Il observait le manège du reptile doré, à pousser ses rochers pour en refermer les portes du temple. Inflexible, il le suivait du regard inlassablement.

Quelle ironie. La créature était là, plongée dans l’obscurité, seule, tandis que Lørkâth baignait dans son propre élément, les Ténèbres. Et voilà qu’il n’en fit rien. Le guerrier était un ennemi du Damné - il l’était de toute manière par défaut puisqu’il était vivant - Lørkâth avait toutes les manières possible de fondre sur lui en profitant de l’effet de surprise, il avait tout, absolument toute les chances de le surprendre et de lui ôter la vie avec une facilité scandaleuse. Et voilà qu’il n’en fit rien. Lørkâth n’était pas fondamentalement mauvais et n’agissait que sous la contrainte des ordres du Maître, Son Maître. La mort l’avait rendu glacial, silencieux et dénué de libre-arbitre. Son Maître exigeait le sang et la douleur. Lui n’espérait que la paix éternelle. En l’absence d’ordre, Lørkâth était un démon neutre, pacifique, mais aussi instable qu’un explosif. Nightmare avait une emprise absolue sur lui. Pourtant, depuis quelques semaines, le Damné avait été moins violent dans son esprit. Il semblait loin, occupé. Ou bien était-ce l’aura de ce lieu qui perturbait les sortilèges de l’Empereur ? Lørkâth avait retrouvé une illusion de liberté en passant autant de temps loin de son invocateur, une illusion car sa condition le poussait irrémédiablement à ne jamais s’éloigner de lui.

Le dragon de foudre avançait désormais dans l’obscurité la plus totale. Sans jamais le quitter du regard, il commençait seulement à réfléchir. Son esprit vide commença lentement à se réactiver, il sortait peu à peu de sa léthargie. Son esprit brisé commençait à entrevoir des idées, une opportunité de se libérer de son corps meurtri. Mais il était immobile et dénué de libre-arbitre, il ne pouvait choisir et prendre quelques décisions que ce soit. Il était certes maître de son corps mais il était incapable d’effectuer une action dans un but précis. Il ne pouvait pas choisir d’aller à la rencontre de ce mystérieux personnage. Et il le voulait pourtant.

Lørkâth vit le dragon s’éloigner lentement mais surement, tandis qu’il l’observait, figé sur son piédestal. Son existence n’était désormais dicté que par les besoins, le besoin d’être auprès de Nightmare, tout comme celui d’être le plus loin possible de lui. Ou encore le besoin de se sentir vivant, tout comme celui de se sentir mort. C’était de ces paradoxes qu’était né la liberté de mouvement de Lørkath et qui lui permettait d’échapper au total contrôle de Nighmare sur son esprit, tout comme cela lui permettait d’exister. Alors, il avait besoin d’un besoin.

Alors, mi-lucide, il entreprit de rentrer au château auprès de son Maître car il avait besoin de lui. Ce faisant, il quitta son immobilisme et se mit à marcher. Il tomba silencieusement sur le chemin emprunté par l’étranger, mais assez lourdement pour que celui-ci note sa présence.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aedoth Thunderwall

avatar

Messages : 499
Date d'inscription : 12/05/2015
Age : 21

Sur le Clan
Faction : Alliance Du Sacré Alliance Du Sacré

MessageSujet: Re: L'avenir est une vague promesse [PV Lørkath / Aedoth Thunderwall][Temple du Dragon]   Mar 3 Oct - 21:18



L'avenir est une vague promesse


Il progressa sur une route non tracée, jamais élaborée par une quelconque civilisation. Les Gardiens avaient souhaité faire de leur demeure un lieu important au milieu d’une terre mystérieuse. Pour pouvoir trouver ce temple, il fallait sortir du chemin, et symboliquement s’abandonner à tout ce qu’un dragon pouvait connaître, se lancer dans l’aventure, dans l’inconnu, car pour apprendre, il faut ignorer, et plusieurs fois les Gardiens ont ainsi dit que l’ignorance était le meilleur chemin vers le savoir.

Toutefois, le Second avait assez d’espace pour se mouvoir assez librement. Mais quelque chose n’allait pas tandis qu’il sentait derrière lui les pierres du temple s’éloigner de sa personne. Il tourna la tête plusieurs fois par un réflexe qu’il contrôlait à peine, une sorte d’automatisme qui le poussait à observer ses arrières. Le rythme de son cœur s’accéléra, et des frissons le parcoururent bientôt. Alors qu’il s’éloignait de la demeure des Gardiens, d’étranges ténèbres semblaient prendre leur emprise sur lui. Une peur infondé naquit en lui. Il ne se sentait plus en sécurité, et même pire : il se sentait traqué.

Le silence de la forêt participait à cette sensation anxiogène qui l’étouffait. Paradoxalement, cette preuve de non-vie était une intolérable épreuve. La raison du Second n’arrivait pas à relativiser, et il pensait déjà que mille horreurs pouvaient briser le silence, le fendre en un instant. Il serra les crocs et fit le vide en son esprit pour se calmer. Rien ne servait de paniquer…

Puis il entendit soudainement des branchages s’animer, des feuilles se secouer entre elles, et quelque chose toucher le sol. Quelque chose d’assez imposant pour faire assez de bruit pour que le Second l’entende. Aux aguets à cause d’une crainte qu’il pensait infondée, il fit un bond pour se retourner et scruta les ténèbres, en position de défense warfangienne, comme si déjà il avait compris qu’il s’agissait d’une menace.

Il remarqua au loin une silhouette, mais l’obscurité permettait difficiles d’en reconnaître clairement les formes et les couleurs, grace à un très mince jeu de lumière, il put comprendre que la personne était en mouvement. Dans sa direction. Son cœur s’emballa, et pourtant il ne bougea par, car un détail l’en retint.

La stature de celui qui se trouvait en face, à une dizaine de mètres, était plutôt forte : il semblait aussi plus grand qu’Aedoth, et il avait l’impression de voir des sortes de pointes sortir de son échine. Cette silhouette lui rappela bien quelqu’un. Est-ce qu’un des Gardien l’avait suivi jusqu’ici ? Mais pourquoi ? Par curiosité, ou simplement pour veiller à ne ce qu’il fasse aucune mauvaise action dans le Temple. Il avança légèrement.

— Maître Terrador… ?


Il se figea dans un une exclamation de surprise. Des yeux de glace le paralysèrent immédiatement, et il eut l’impression que tous ses organes s’arrêtèrent de fonctionner pendant une seconde, courte, et à la fois si longue. Il écarquilla les yeux tandis que s’avançait devant lui non pas un corps, mais une âme défunte. Ces yeux bleus étaient la seule chose que voyait clairement le Second. Il eut envie de vomir tant il comprenait le danger auquel il était confronté, ici, seul, plongé au cœur de la pénombre, dans une forêt inhospitalière, face à ce qui ne pouvait être qu’un ennemi. Sa peur le conduisit à allumer un orbe depuis le bout de sa queue.

Lentement il recula en identifiant ce qu’il avait devant lui : un squelette de dragon animé par une nature inconnue. Bien peu de peau restait sur ce cadavre dont l’âme aurait déjà dû rejoindre le monde des morts il y a de cela bien longtemps. Mais ce n’était pas un vulgaire mort-vivant comme il avait pu déjà en voir aux Cieux. Non. Ce qui accablait le plus Aedoth, c’était qu’il l’avait reconnu : il s’agissait du squelette qui avait fendu les cieux et massacré plusieurs de ses troupes. Il ressemblait par certains aspects au Damné, mais le Second pouvait jurer que ce n’était pas lui. Peut-être était-il un éclaireur, ou une pièce plus importante dans l’armée du Damné. Lentement il recula, trébuchant légèrement sur une branche qui avait accroché sa patte. Il se releva et continua de reculer, tandis que l’autre avançait…

— N-n-ne vous approchez pas davantage ! Que faites-vous ici, à venir souiller de votre présence ces lieux saints ?!

Parler lui apporta du réconfort. Il se sentait en mauvaise situation pour fuir, et attendait une meilleure occasion (que l’attention du squelette soit détournée, ou autre chose). Il espérait aussi qu’il n’allait pas ramener d’autres troupes, qu’il était bien seul. Mais il ne se sentait pas d’affronter pareille créature. Sa seule option était d’esquiver pour fuir si jamais il essayait de s’en prendre à lui, ce qui était certain. Il déglutit péniblement et gardait ses distances le plus possible avec celui qu’il avait en face.




Que ma foudre éclaire les ténèbres !
Personnage complet:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lørkâth

avatar

Messages : 19
Date d'inscription : 13/07/2015

Sur le Clan
Faction : Empire Noir Empire Noir

MessageSujet: Re: L'avenir est une vague promesse [PV Lørkath / Aedoth Thunderwall][Temple du Dragon]   Ven 6 Oct - 21:42

Sans jamais ralentir Lørkâth se déplaçait machinalement vers son interlocuteur, contrebalançant sa tête dont la gueule était entre-ouverte. Il avançait encore et encore, silencieusement, à mesure que l'autre reculait. Il finit par mettre fin à sa course dans un grognement sourd lorsqu'il fut à porté de la lumière diffuse de l'orbe d'Aedoth. Celle-ci l'éclairait tout juste assez pour laisser apparaitre les reliefs anguleux de son crâne et la silhouette inquiétante de son corps. Il était là, muet, et il regardait instinctivement les ténèbres, un peu en direction du sol. Il déviait ses orbites creux de la petite source lumineuse, contraint de faire ainsi. Mais il aurait pu en faire fi avec la plus grande des aisances: Les créatures de l'ombre se nourrissaient de la peur. Et celle-ci était sur son territoire de prédilection, une forêt dense par une nuit sombre.

— N-n-ne vous approchez pas davantage ! Que faites-vous ici, à venir souiller de votre présence ces lieux saints ?!

Lørkâth resta immobile sur ses quatre pattes, la gueule légèrement pendante. Une lumière vive et paradoxalement terne s'échappait par tous les orifices de son corps. Il se tenait devant un vivant qui lui sembla plus amis que le plus proche de ses alliés. Il était vide, froid, glacial et peu bavard, mais il menait un douloureux combat intérieur pour interagir avec cet inconnu. La mort l'avait rendu silencieux, malheureux et la moindre étincelle de joie s'était éteinte à jamais le jour où il renaissait pour la seconde fois. Pourtant, pendant un court instant, il ressentit de l'amour pour ce personnage, un amour platonique. Un amour Ô combien sincère. Et puis il disparu. Rapidement ce sentiment s'était envolé comme une fragile feuille se détacherait d'un arbre mort. Il n'était pas la bienvenu, il avait raison. Sa présence, son apparence, son existence n'était que la synthèse d'un malheur immense, l’apothéose d'une tragédie. Il avait erré sans but dans les bois d'un lieu qu'il ne connaissait pas et dont les vivants louaient les histoires. Il avait foulé des terres sacrés dédiés aux Dieux et aux esprits vaillants sans jamais leur rendre hommage. Il vénérait toutes les âmes, toutes les créatures et tous les Dieux de son vivant, il les aimait à en mourir et il était mort par amour. Lørkâth était purement misérable, un démon condamné à souffrir et à contempler l'ironie et la laideur de sa propre existence pour l'éternité. Mort pour la Justice et le Bien, ressuscité pour la Cruauté et le Mal.

Mais il l'avait sentit, au plus profond de son être il avait sentit cet amour pour cet être devant lui, et il se mit à souffrir de nouveau, un peu plus, et cette souffrance vînt s'ajouter à son lourd fardeau.

"Tu..."

Le temps s'était écoulé entre le moment où le dragon avait parlé et celui où Lørkâth s'était immobilisé. Lørkâth semblait avoir beaucoup de mal à parler, sa voix d'outre-tombe tranchait le silence de la nuit. Il se figea. Puis très lentement, il tourna la tête dans l'autre direction en prenant soin de fixer le sol pour que jamais ses yeux ne croisent la lumière. Puis il repris, avec un ton particulièrement neutre.

"Tu m'as vouvoyé. Pourquoi?."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aedoth Thunderwall

avatar

Messages : 499
Date d'inscription : 12/05/2015
Age : 21

Sur le Clan
Faction : Alliance Du Sacré Alliance Du Sacré

MessageSujet: Re: L'avenir est une vague promesse [PV Lørkath / Aedoth Thunderwall][Temple du Dragon]   Mar 10 Oct - 19:04



L'avenir est une vague promesse


Dix, onze… Douze. Douze pas. Voilà la distance qui séparait le Second du cadavre qu’il avait en face. Ce dernier, comme s’il réagissait face à des ordres, tel un automate, une machine conçue pour analyser et exécuter une fonction donnée, se figea après que la voix du Second se perdît dans l’écho de la sombre forêt. Un silence de mort s’installa, et l’immobilisme du squelette ne participait que davantage à renforcer la situation anxiogène qui étouffait intérieurement le Second. Il était terrifié par ce tableau noir et sauvage. Pourtant faisait-il de son mieux, pourtant s’efforçait-il de combattre le démon qui naissait dans ses entrailles. La rationalité parvint à lui dicter de prendre plus de précaution, et ce fut sur cette initiative qu’Aedoth décida de mesurer les pas tandis qu’il reculait, ne tournant jamais le dos à son ennemi, lorgnant parfois en arrière pour éviter de trébucher sur une branche. Douze pas étaient une distance confortable, car elle permettait assez de temps pour esquiver un projectile, même à vitesse modérée. S’il décidait de venir au corps à corps, le Thunderwall aurait le temps de réagir suffisamment vite et adapter ses mouvements selon la situation. Il pouvait tenter la fuite, mais à présent, quelque chose l’intriguait. Le squelette restait là, gueule pendante, ses yeux ne rencontrant plus les siens. Ce comportement semblait anormal, selon Aedoth. S’il avait eu des intentions nuisibles, n’aurait-il pas déjà attaqué ? D’autant plus qu’il semblait être là depuis longtemps. Il avait peut-être suivi le Second, mais jamais il n’en avait profité pour l’éliminer ? Même s’il attendait des renforts, il serait plus facile de le garder ici en l’attaquant sans répit plutôt que d’adopter un comportement si oisif.

 
— Tu…
 
Un frisson parcourut l’entièreté de l’être du dragon. Il se figea, observant chaque nouveau geste que produisait celui qui se trouvait face à lui. Mais rien. Seulement un mot était sorti de sa gueule, et ce seul mot eut l’effet d’une lance plantée en plein cœur du Second. La brièveté marqua le Thunderwall. La voix qui avait prononcé ce « tu » était si rauque, légèrement altérée, comme si les sons produits étaient filtrés. La sensation était étrange. Aedoth fit légèrement glisser un de ses pattes arrière, se préparant à toute éventualité. C’était lui qu’il visait sous cette dénomination, et cela ne lui plaisait guère. Il y eut un léger silence, pendant lequel le squelette bougea un peu la tête, regardant toujours le sol, comme s’il avait honte et cherchait absolument à éviter  du regarde le Second.
 
— Tu m’as vouvoyé. Pourquoi ?
 
La question prit Aedoth au dépourvu, et le surprit. Cette voix, cette tonalité étrange, le glaça. Ces sons étaient bien plus préoccupants que le sens qu’ils pouvaient en dégager. Cet être n’était plus vivant, et la nature faisait tout pour le faire remarquer par la différence. Il ne bougeait pas, et le Second en fit autant, méditant ces paroles. Ce qui l’étonnait, c’était que dans pareilles circonstances, la chose qui semblait le plus intéressé son adversaire, c’était pourquoi il le vouvoyait. Et sincèrement, la réponse pouvait paraitre évident à certains, mais pas à Aedoth.
 
Il s’agissait de l’usage. Le vouvoiement était la pratique standard de la société, et encore plus de la haute noblesse auquel le Second appartenait. Il n’avait rien connu d’autre que de référer à quelqu’un par un « vous » de politesse, de respect, car tels étaient les valeurs du fleuron warfangien. Tutoyer ne lui semblait pas naturel, c’était même quelque chose d’impensable à utiliser sur une personne que l’on ne pouvait pas qualifié d’extrêmement proche et digne de confiance. Le second fit éclater son orbe en une myriade de petites étincelles qui vinrent se déposer au sol, ne laissant plus derrière elle que l’obscurité pour reprendre le trône que la lumière lui avait éclipsé pendant un court temps.
 
— Parce que « vous », c’est moi. Ce mot représente mes valeurs, mes principes, ce que j’ai vécu. Il représente mon être tout entier. Tutoyer m’est étranger, et vous ne demeurez qu’un inconnu, sinon un ennemi, pour moi.
 
Il marqua une courte pause pour que celui qu’il avait en face pèse les mots du Second, les analyse, et y trouve peut-être à réfléchir.
 
— Et vous, reprit-il sur une voix d’où la peur disparaissait petit à petit. Qui êtes-vous ?
 
Ce dernier mot avait été prononcé faiblement, tel un murmure fuyant au gré du vent. Un sentiment étrange parcourait le dragon. Il se sentait moins menacé à présent. Bien sûr, il craignait toujours pour sa personne, car le mal se trouvait devant lui, mais cet ennemi et sa question conforta Aedoth : il ne voulait pas se battre, et possédait une étrange curiosité. Alors une entreprise folle naquît dans l’esprit du jeune dragon : pourrait-il discuter avec lui, et obtenir des informations, même infimes ? Il voulait à présent connaître une chose précise, plus que tout. « Pourquoi ? ».




Que ma foudre éclaire les ténèbres !
Personnage complet:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: L'avenir est une vague promesse [PV Lørkath / Aedoth Thunderwall][Temple du Dragon]   

Revenir en haut Aller en bas
 
L'avenir est une vague promesse [PV Lørkath / Aedoth Thunderwall][Temple du Dragon]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Promesse d'avenir [PV]
» L’avenir est une promesse faîte de rêves.
» Jeunesse haitienne: Quel espoir??? Quel avenir???
» Double nationalité: Une promesse dans le vent ?
» L'avenir démocratique d'Haiti est menacé...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum Spyro's Lair :: La Section RPG :: La Terre Sacrée :: Temple du Dragon-
Sauter vers: